En seulement deux ans, l’intelligence artificielle générative a conquis près d’un Français sur deux. C’est le principal enseignement du Baromètre du numérique 2026, publié début février par le Crédoc pour le compte de l’Arcep, de l’Arcom, du Conseil général de l’économie et de l’Agence nationale de la cohésion des territoires. Cette enquête de référence, menée chaque année depuis un quart de siècle, n’avait encore jamais mesuré une diffusion technologique aussi rapide.
Une progression sans précédent en 25 ans d’observation
Réalisée en juin 2025 auprès d’un échantillon de plus de 4 000 personnes âgées de 12 ans et plus, l’enquête chiffre à 48 % la part des Français ayant utilisé un outil d’IA générative, contre 20 % seulement en 2023. Une progression de 28 points en deux ans que les auteurs de l’étude qualifient d’inédite dans l’histoire du Baromètre. Pour comparaison, il avait fallu près de trois fois plus de temps au smartphone pour connaître une diffusion comparable dans la population, et plus longtemps encore à l’accès à internet lors de son essor au tournant des années 2000.
Un tiers des utilisateurs, soit 34 % des Français, déclarent aujourd’hui recourir à ces outils de façon quotidienne. Signe d’un usage encore largement personnel avant d’être professionnel, 42 % des répondants placent en premier motif d’utilisation leur vie privée, contre 30 % des actifs qui l'emploient dans un cadre de travail.
Une fracture générationnelle nette
Derrière la moyenne nationale se cache un écart d’âge considérable. Chez les 18-24 ans, le taux d’adoption grimpe à 85 %, porté notamment par l’aide aux devoirs et à la rédaction, un usage revendiqué par près des trois quarts d’entre eux. Les cadres et professions intellectuelles supérieures affichent eux aussi un taux d’adoption élevé, autour de 76 à 78 % selon les sources. À l’autre extrémité de la pyramide des âges, l’usage reste marginal : seuls 15 % des personnes de plus de 70 ans déclarent avoir déjà utilisé un outil d’IA générative, creusant un peu plus l’écart avec les générations connectées.
Concrètement, les usages les plus cités restent la recherche d’information — cité par 73 % des utilisateurs, en substitution progressive des moteurs de recherche classiques —, l’aide à la rédaction et à la traduction, ainsi que la génération d’idées, particulièrement plébiscitée chez les jeunes actifs et les cadres.
Équipement stable, méfiance persistante
Le volet équipement du Baromètre confirme par ailleurs une certaine stabilisation du parc numérique français : 91 % des personnes interrogées possèdent un smartphone, un taux inchangé par rapport à 2024, tandis que la compatibilité 5G progresse nettement, passant de 48 % à 61 % des terminaux en un an. Le foyer moyen compte désormais plus de onze équipements numériques connectés, contre moins de dix l’année précédente.
Sur le plan de la confiance, les Français restent prudents : un peu plus d’un utilisateur sur deux se dit encore méfiant vis-à-vis des réponses fournies par l’IA générative, et une large majorité affirme systématiquement vérifier les informations obtenues avant de les réutiliser. Cette prudence s’accompagne d’une préoccupation croissante pour l'empreinte environnementale de ces technologies : près d’un utilisateur sur deux estime que l’impact écologique de l’IA générative dépasse désormais celui des moteurs de recherche traditionnels, un ressenti que les données de l’Arcep sur la consommation électrique et hydrique des centres de données tendent à confirmer.
Du côté des usages professionnels comme personnels, ces tendances nourrissent une réflexion plus large sur les compétences numériques à développer, un enjeu que l’on retrouve aussi bien dans les catégories liées au digital et au marketing que dans celles consacrées aux sites, applications et logiciels les plus consultés du moment.
Un basculement encore appelé à s’accentuer
Les auteurs du Baromètre insistent sur le caractère encore récent de ce basculement : la diffusion de l’IA générative n’en serait, selon eux, qu’à ses débuts, avec des usages professionnels appelés à se développer plus fortement dans les prochains mois à mesure que les entreprises structurent leurs propres politiques d’utilisation. Reste que l’écart d’âge observé cette année pourrait, selon plusieurs analystes, se réduire progressivement, à l’image de ce qui s’est produit avec les précédentes vagues technologiques recensées dans les tendances du web observées ces dernières années.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Baromètre du numérique ?
C’est une enquête annuelle réalisée par le Crédoc pour l’Arcep, l’Arcom, le Conseil général de l’économie et l’Agence nationale de la cohésion des territoires, qui mesure depuis 25 ans les usages numériques des Français à partir d’un échantillon représentatif de plus de 4 000 personnes.
Pourquoi l’adoption de l’IA générative est-elle jugée aussi rapide ?
Parce qu’elle est passée de 20 % à 48 % d’utilisateurs en seulement deux ans, une vitesse de diffusion supérieure à celle observée historiquement pour le smartphone ou l’accès à internet dans la population française.
Qui utilise le moins l’intelligence artificielle générative aujourd’hui ?
Les personnes de plus de 70 ans, dont seulement 15 % déclarent avoir déjà utilisé ce type d’outil, contre 85 % chez les 18-24 ans.
Sources
- Arcep — Le Baromètre du numérique, édition 2026
- Banque des Territoires — Baromètre du numérique : comment l’IA dessine de nouvelles fractures
- Presse-citron — Les chiffres de l’IA en France en 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale