La construction de logements neufs continue de tourner au ralenti en France. Selon les derniers chiffres officiels du secteur, les autorisations de construire et les mises en chantier restent nettement inférieures à leurs niveaux d’avant-crise, malgré quelques signes ponctuels de stabilisation. Un constat qui interroge sur la capacité du pays à répondre, dans les années qui viennent, à la demande de logements.
Des permis de construire toujours en retrait
D’après le service statistique du ministère de la Transition écologique, 29 577 logements ont été autorisés à la construction en juillet 2026, un volume en léger repli de 2,5 % par rapport au mois de juin, une fois les variations saisonnières corrigées. Sur les douze mois achevés à la fin du mois de juin 2026, 376 241 logements ont ainsi été autorisés au total, soit environ 8 % de moins que la moyenne observée sur les cinq années précédentes. La baisse touche surtout les programmes collectifs, tandis que la maison individuelle résiste un peu mieux.
Des mises en chantier sous leur rythme habituel
Le même constat vaut pour les mises en chantier effectives. Sur la période de douze mois achevée en juin 2026, environ 239 400 logements ont été mis en chantier en France. Sur les cinq premiers mois de l’année, le rythme annuel implicite se situait autour de 307 000 logements commencés, un niveau qui demeure inférieur d’environ 50 000 unités à la moyenne constatée sur les quarante dernières années. Concrètement, la France construit aujourd’hui sensiblement moins de logements qu’elle n’en a construit, en moyenne, sur le long terme.
- 29 577 autorisations de logements délivrées en juillet 2026 (-2,5 % sur un mois)
- 376 241 logements autorisés entre juillet 2025 et juin 2026, soit -8 % par rapport à la moyenne des cinq années précédentes
- Environ 239 400 mises en chantier sur cette même période de douze mois
- Un rythme annualisé d’environ 307 000 logements commencés début 2026, encore loin de la moyenne de long terme
Un marché du neuf toujours convalescent
Cette panne de la construction neuve se double d’un marché commercial atone. La presse spécialisée du secteur du bâtiment décrit un premier semestre 2026 parmi les plus difficiles de la décennie pour les promoteurs, avec des réservations de logements neufs qui restent très en dessous de leur niveau de 2021. Les professionnels de l’immobilier pointent un effet de ciseau : des coûts de construction qui demeurent élevés, combinés à des ménages plus prudents face à leur capacité d'emprunt. Les conditions d’accès au crédit immobilier restent d’ailleurs scrutées de près par les candidats à l’achat, tant elles conditionnent le déclenchement de nouveaux programmes. Plus de détails sur la catégorie Immobilier – Construction permettent de suivre ces évolutions au fil des mois.
Quelles conséquences pour les futurs occupants
Moins de permis et moins de chantiers signifient, à moyen terme, une offre de logements neufs plus rare dans les zones où la demande reste forte. Pour de nombreux ménages, la rénovation du parc existant apparaît alors comme une alternative : le dispositif France Rénov’ vise justement à faciliter la remise à niveau de logements anciens plutôt que leur remplacement. Reste que la détention d’un bien, neuf ou ancien, continue de peser sur le budget des propriétaires, entre charges d’entretien et taxe foncière en hausse. Les arbitrages entre construire, rénover ou acheter dans l’existant devraient rester un sujet suivi de près dans la rubrique Finance – Economie du site.
Questions fréquentes
Pourquoi la construction de logements neufs ralentit-elle en France ?
Les professionnels évoquent une combinaison de coûts de construction élevés, de conditions de financement plus sélectives et d’une demande des ménages restée prudente, ce qui freine le lancement de nouveaux programmes par les promoteurs.
Les permis de construire sont-ils en baisse partout en France ?
La baisse est plus marquée sur les logements collectifs que sur les maisons individuelles, avec des écarts selon les régions, mais la tendance nationale globale reste orientée à la baisse par rapport à la moyenne de long terme.
Cette baisse de la construction a-t-elle un impact sur les prix ou les loyers ?
Une production durablement inférieure aux besoins peut accentuer, avec le temps, les tensions sur l’offre disponible dans les secteurs les plus demandés, même si l’évolution des prix dépend aussi d’autres facteurs comme le pouvoir d’achat ou les taux d’intérêt.
Sources
Service des données et études statistiques (SDES) —
Batiactu —
SeLoger
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