À partir du 1er août 2026, le taux du Livret A passe de 1,50 % à 1,70 %. C’est la première remontée de la rémunération du placement préféré des Français depuis le 1er février 2023. Annoncée par le ministre de l’Économie Roland Lescure le 15 juillet, sur recommandation du gouverneur de la Banque de France, cette révision concerne des dizaines de millions d’épargnants. Voici, concrètement, ce que ce changement modifie pour votre argent — et les réflexes utiles avant la fin de l’été.
Ce qui change au 1er août 2026
La hausse ne se limite pas au Livret A. Plusieurs produits d’épargne réglementée sont réévalués en même temps, selon le calendrier semestriel habituel :
- Livret A et Livret Bleu : 1,70 % net (contre 1,50 %).
- LDDS (livret de développement durable et solidaire) : aligné à 1,70 %, car son taux suit celui du Livret A.
- LEP (livret d’épargne populaire) : maintenu à 2,5 % net, réservé aux ménages sous conditions de revenus.
- PEL : inchangé à 1,75 % brut pour les plans ouverts en 2026.
Autrement dit, le LEP reste le placement sans risque le plus rémunérateur pour ceux qui y ont droit, tandis que le Livret A regagne un peu de terrain.
Combien cela rapporte réellement
Le gain dépend de votre encours. Pour un épargnant détenant l’encours moyen d’environ 7 800 euros, la hausse de 0,2 point représente à peu près 15,60 euros d’intérêts supplémentaires sur un an. Pour un Livret A rempli au plafond de 22 950 euros, le passage de 1,5 % à 1,7 % génère environ 45,65 euros de plus sur douze mois.
Ces montants restent modestes, mais ils illustrent une réalité : le Livret A est un outil de disponibilité et de sécurité, pas de rendement. Son intérêt tient surtout à la garantie du capital et à la liquidité immédiate, deux atouts précieux pour une épargne de précaution.
Pourquoi le taux remonte alors que l’inflation ralentit
Le taux du Livret A n’est pas fixé au hasard. Il repose sur une formule qui combine l’inflation hors tabac des douze derniers mois et la moyenne des taux interbancaires de la zone euro. La Banque de France recalcule cette valeur deux fois par an, au 1er février et au 1er août, puis transmet sa recommandation au gouvernement.
Cette fois, la composante liée aux taux de marché a suffisamment pesé pour justifier une revalorisation, malgré un reflux de l’inflation (autour de 1,8 % sur un an en juin 2026 selon l’Insee). Il faut distinguer ici les faits — la formule et le taux officiel — des prévisions : nul ne peut garantir la trajectoire du prochain rendez-vous de février 2027.
Trois réflexes avant la rentrée
- Vérifiez votre éligibilité au LEP : à 2,5 %, il surpasse largement le Livret A. Beaucoup d’ayants droit ne l’ouvrent pas faute d’information.
- Gardez le Livret A pour l’épargne de précaution (trois à six mois de dépenses), et non pour un projet à long terme.
- Comparez avant de placer un surplus : au-delà du plafond, d’autres supports peuvent être pertinents selon votre horizon et votre tolérance au risque.
Pour approfondir la gestion de votre budget, consultez nos rubriques Finance – Économie, Astuces – Conseils et Conso – Shopping.
Questions fréquentes
Faut-il faire une démarche pour bénéficier du nouveau taux ?
Non. La revalorisation s’applique automatiquement à tous les Livrets A à compter du 1er août 2026, sans aucune action de votre part.
Le nouveau taux s’applique-t-il aux intérêts déjà acquis ?
Non. Le taux de 1,70 % rémunère les sommes à partir du 1er août 2026. Les intérêts calculés avant cette date restent acquis au taux précédent de 1,50 %.
Le Livret A est-il toujours défiscalisé ?
Oui. Les intérêts du Livret A, du LDDS et du LEP demeurent totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
