Sur les lacs de barrage, les anciens gravières et les retenues collinaires, un nouveau type de centrale électrique prend racine : le solaire flottant. En 2026, plusieurs grands projets confirment que la France, longtemps en retard sur ses voisins européens, accélère nettement sur cette technologie qui évite d’artificialiser des terres agricoles ou naturelles.
Des panneaux qui flottent sur l’eau plutôt que sur les toits
Le principe est simple : des panneaux photovoltaïques sont installés sur des flotteurs, à la surface de plans d’eau existants — lacs de barrages hydroélectriques, anciennes carrières inondées ou bassins industriels. L’installation la plus emblématique est celle des Îlots Blandin, en Haute-Marne, mise en service en juin 2025 par Q Energy et Velto Renewables : plus de 135 000 panneaux répartis sur 127 hectares d’eau, pour une puissance de 74,3 MWc qui en fait la plus grande centrale solaire flottante d’Europe.
D’autres installations plus anciennes ont ouvert la voie. O’MEGA1, à Piolenc dans le Vaucluse, fonctionne depuis 2019 sur un plan d’eau issu d’une ancienne gravière : ses 47 000 panneaux ont été portés à 22 MWc lors d’une extension en 2022. Dans les Hautes-Alpes, EDF exploite depuis juin 2023 la centrale de Lazer, 20 MWc installés sur un barrage hydroélectrique avec plus de 50 000 panneaux.
Pourquoi installer des panneaux sur l’eau ?
- Pas de conflit d’usage des sols : contrairement aux fermes solaires terrestres, ces installations n’entrent pas en concurrence avec les terres agricoles ou les espaces naturels.
- Meilleur rendement : la proximité de l’eau refroidit les panneaux, ce qui limite la perte d’efficacité liée à la chaleur observée sur les installations classiques.
- Synergie avec l’hydroélectricité : lorsqu’elles sont posées sur des barrages, ces centrales peuvent partager les mêmes lignes de raccordement au réseau électrique, réduisant les coûts d’infrastructure.
- Limitation de l’évaporation sur certains plans d’eau utilisés pour l’irrigation, un atout à l’heure où les tensions sur la ressource en eau augmentent.
De nouveaux projets en préparation
Le mouvement ne s’arrête pas là. Le parc de Peyrolles-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône, développé par Boralex, a été mis en service en janvier 2026 avec une puissance de 31,2 MWc. De son côté, EDF prépare un nouveau projet d’ampleur au Cheylas, en Isère : les travaux majeurs doivent démarrer début 2026, pour une mise en service prévue à l’été 2027.
Ces projets restent toutefois soumis à des études d’impact environnemental, la présence de panneaux pouvant modifier localement la température de l’eau, la luminosité disponible pour la vie aquatique ou les usages de loisirs sur certains plans d’eau. C’est un point de vigilance suivi de près par les associations environnementales à chaque nouveau projet.
Un potentiel encore largement sous-exploité
Malgré ces avancées, la France reste loin d’avoir exploité tout son potentiel de solaire flottant, un sujet suivi de près par les acteurs de la finance et de l’économie comme par les spécialistes de la high-tech et du numérique, qui voient dans cette technologie un relais de croissance pour les prochaines années. Les grandes retenues hydroélectriques françaises, nombreuses dans les massifs alpins et pyrénéens, offrent encore de larges surfaces disponibles pour ce type d’installation, sans nouvelle emprise sur les terres. De quoi alimenter l’actualité du secteur de l’énergie pour les années à venir.
Questions fréquentes
Le solaire flottant coûte-t-il plus cher que le solaire classique ?
L’installation sur l’eau demande des flotteurs et des systèmes d’ancrage spécifiques, ce qui augmente le coût par rapport à une centrale au sol. En contrepartie, elle évite l’achat ou la location de terrains et peut parfois mutualiser le raccordement électrique avec un barrage existant.
Ces centrales ont-elles un impact sur la faune et la flore aquatiques ?
Oui, potentiellement : la couverture d’une partie du plan d’eau peut modifier la température, la lumière et l’oxygénation. C’est pourquoi chaque projet fait l’objet d’une étude d’impact environnemental avant sa validation.
Où se trouvent les principales centrales solaires flottantes françaises ?
Les plus importantes sont actuellement situées en Haute-Marne (Îlots Blandin), dans le Vaucluse (O’MEGA1), dans les Hautes-Alpes (Lazer, EDF) et dans les Bouches-du-Rhône (Peyrolles-en-Provence, Boralex), avec un nouveau projet en préparation en Isère (Cheylas, EDF).
Sources
DirectMag — Solaire flottant : la France multiplie les centrales sur ses lacs et barrages —
Actualités News Environnement — Solaire flottant : la France rattrape son retard ? —
Q ENERGY — Europe’s Largest Floating Solar Power Plant Inaugurated in France
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