En France, la cybercriminalité ne cesse de progresser : 453 200 atteintes numériques ont été enregistrées en 2025, un chiffre en hausse de 87 % sur cinq ans selon le rapport annuel du ministère de l’Intérieur. Face à cette explosion, une unité méconnue du grand public, l’UNCyber, s’impose peu à peu comme la véritable « police numérique d’Internet ». Escroqueries en ligne, fraude à la carte bancaire, contenus illicites : cette structure coordonne désormais la réponse de l’État sur tout le territoire.
Une explosion des atteintes numériques
Le constat est sans appel. Sur les 453 200 infractions numériques recensées en 2025, une majorité concerne des atteintes aux biens (escroqueries, fraudes bancaires), suivies par les atteintes aux personnes et, dans une moindre mesure, aux institutions. Trois plateformes officielles de signalement illustrent l’ampleur du phénomène :
- Thésée (fraude en ligne) : 116 695 signalements
- Pharos (contenus illicites sur Internet) : 231 853 signalements
- Perceval (fraude à la carte bancaire) : 206 902 signalements
Ces volumes expliquent pourquoi le ministère de l’Intérieur a fait de la lutte contre la cybercriminalité une priorité, aux côtés d’autres chantiers numériques de l’État comme la création de l’autorité ARIANE pour protéger les administrations.
UNCyber, une unité née de plusieurs réorganisations
L’UNCyber (Unité nationale cyber) n’est pas une création récente isolée : elle est l’héritière du commandement cyber de la gendarmerie (ComCyberGend), lancé en 2021 puis dissous fin 2023 au profit de deux entités distinctes, le COMCYBER-MI au niveau stratégique et l’UNCyber pour l’action opérationnelle. Depuis le 1er septembre 2025, l’UNCyber a rejoint l’Unité nationale de police judiciaire (UNPJ), un rattachement qui traduit la volonté de traiter la cybercriminalité comme une délinquance à part entière, et non plus comme un sujet à part.
Organisée en trois pôles complémentaires, l’unité couvre l’ensemble de la chaîne : le renseignement et la coordination, les opérations nationales et internationales, et le développement d’outils techniques. Cette organisation en fait un rouage essentiel de la justice numérique française.
Des effectifs en forte croissance
Pour faire face au volume d’infractions, les moyens humains suivent une trajectoire ascendante. Le réseau des gendarmes correspondants cyber ICM (Cybergend) rassemble déjà près de 10 000 militaires formés sur l’ensemble du territoire. Au niveau des enquêteurs spécialisés (filière DTCybernum), 350 agents sont mobilisés en 2026, avec un objectif affiché à terme de 1 000 cyber-enquêteurs. Ce maillage territorial doit permettre de rapprocher la réponse pénale du terrain, y compris dans les zones rurales les moins bien couvertes jusqu’ici.
Prévision : si la trajectoire de recrutement se confirme, la France devrait disposer d’ici la fin de la décennie d’un réseau de cyber-enquêteurs comparable à celui de ses voisins européens les plus avancés en la matière — une ambition affichée par les autorités, mais dont la réalisation dépendra des arbitrages budgétaires à venir.
Ce que cela change pour les particuliers et les entreprises
Pour un particulier victime d’une escroquerie en ligne ou d’une usurpation, le réflexe reste le signalement via les plateformes Thésée, Pharos ou Perceval, qui alimentent directement le travail des enquêteurs de l’UNCyber. Les entreprises, elles, sont de plus en plus incitées à se rapprocher de leur gendarmerie ou commissariat local dès les premiers signes d’intrusion, plutôt que d’attendre une attaque avérée. Ce sujet infuse aussi les stratégies numériques des organisations, à l’heure où l’adoption de l’intelligence artificielle générative progresse rapidement en France et ouvre de nouveaux vecteurs d’attaque, comme le phishing généré automatiquement.
Cette montée en puissance de la cybersécurité publique s’accompagne aussi d’une évolution des métiers du secteur : les métiers du numérique et des nouvelles technologies intègrent de plus en plus des compétences en sécurité informatique, une tendance que confirment les acteurs du secteur suivis de près par la sphère business et entreprise.
Une vigilance à intégrer dans ses usages numériques
Au-delà des dispositifs institutionnels, les experts rappellent que la première ligne de défense reste individuelle : mots de passe robustes, mise à jour régulière des logiciels, méfiance face aux messages non sollicités. Ces réflexes simples, à intégrer dans les tendances du web du moment, réduisent significativement le risque d’être victime d’une fraude numérique.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’UNCyber ?
L’UNCyber est l’Unité nationale cyber de la gendarmerie, chargée de coordonner la prévention, la détection et les poursuites judiciaires liées à la cybercriminalité sur l’ensemble du territoire français. Elle est rattachée depuis septembre 2025 à l’Unité nationale de police judiciaire.
Comment signaler une escroquerie en ligne ?
Les particuliers peuvent utiliser les plateformes officielles Thésée pour les fraudes en ligne, Perceval pour les fraudes à la carte bancaire, et Pharos pour signaler des contenus illicites sur Internet.
Combien d’atteintes numériques ont été recensées en France en 2025 ?
Selon le rapport annuel du ministère de l’Intérieur, 453 200 atteintes numériques ont été enregistrées en 2025, soit une progression de 87 % en cinq ans.
Sources
Ministère de l’Intérieur – Publication du rapport annuel relatif à la cybercriminalité
ZATAZ – Infractions numériques en France en 2025, la hausse continue
Police-nationale.net – UNCyber et COMCYBER-MI : la Cyber-Gendarmerie 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale