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Canicules et sécheresse : combien coûtent-elles à l’économie française ?

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Combien ont coûté les vagues de chaleur et la sécheresse à l’économie française cette année ? Auditionné par une mission parlementaire « flash » présidée par Éric Coquerel, à la commission des Finances, le ministère de l’Économie a livré un premier chiffrage : 0,1 point de PIB en moins pour 2026. La ministre de la Transition écologique, elle, avance une fourchette bien plus large, entre 10 et 15 milliards d’euros de dommages directs et indirects.

L’agriculture, secteur le plus touché

C’est dans les champs que la note est la plus salée. Bercy évalue le recul de la valeur ajoutée agricole à 8 % sur l’année, soit environ la moitié de la chute enregistrée lors de la canicule historique de 2003. Le maïs, particulièrement sensible au manque d’eau, affiche une production en baisse de 35 % par rapport à 2025. Les prairies n’ont pas été épargnées : au 10 août, leur pousse cumulée restait inférieure d’un tiers à la normale saisonnière, un signal directement lié aux difficultés d’alimentation du bétail que subissent déjà certaines exploitations et commerces de proximité en zone rurale.

Au-delà des cultures, c’est tout un équilibre écologique qui vacille sous l’effet de la chaleur répétée : des travaux récents montrent par exemple que certains auxiliaires naturels des cultures s’affaiblissent avec la hausse des températures, ce qui pourrait accentuer la pression sur les rendements dans les années à venir.

L’énergie aussi mise à contribution

Le secteur énergétique n’est pas épargné. Entre la surchauffe des transformateurs électriques, la baisse de la production hydroélectrique faute d’eau suffisante dans les barrages, et les contraintes de refroidissement imposées à certaines centrales nucléaires, les dommages chiffrés pour ce seul secteur atteignent 0,9 milliard d’euros par an. Un coût moins visible que celui de l’agriculture, mais qui pèse directement sur la capacité de production électrique du pays au moment où la demande estivale de climatisation atteint ses pics.

Deux chiffrages, une même prudence méthodologique

L’écart entre les deux estimations – 0,1 point de PIB côté Bercy, jusqu’à 15 milliards d’euros côté ministère de la Transition écologique – illustre la difficulté à mesurer précisément l’impact économique d’un phénomène climatique diffus, qui touche aussi bien les rendements agricoles que la production d’énergie ou la productivité au travail. Le cabinet de la ministre a d’ailleurs reconnu que sa propre fourchette restait une « simple estimation » interne, réalisée sans le concours d’experts ou de macroéconomistes extérieurs. Un aveu de prudence qui n'empêche pas ces chiffres de nourrir le débat, alors que le climat économique général reste morose : les acteurs interrogés dans le récent bilan de la croissance et de la dette françaises pointent déjà une conjoncture fragile, à laquelle s’ajoute désormais le poids, difficile à isoler mais bien réel, des épisodes de chaleur extrême.

Reste que ces deux évaluations convergent sur un point : qu’il s’agisse d’un dixième de point de PIB ou de plusieurs milliards d’euros, la facture climatique s’invite désormais chaque année un peu plus dans les arbitrages budgétaires et agricoles du pays.

Questions fréquentes

Quel est le coût retenu par Bercy pour les canicules de 2026 ?

Le ministère de l’Économie évalue l’impact des vagues de chaleur et de la sécheresse à 0,1 point de PIB en moins pour l’année 2026, principalement en raison de la baisse de la production agricole.

Pourquoi l’agriculture est-elle le secteur le plus touché ?

La valeur ajoutée agricole reculerait de 8 % sur l’année, avec une production de maïs en baisse de 35 % par rapport à 2025 et une pousse des prairies inférieure d’un tiers à la normale au 10 août, faute d’eau suffisante.

Le secteur de l’énergie est-il aussi concerné par ce coût ?

Oui. La surchauffe des transformateurs, la baisse de la production hydroélectrique et les contraintes de refroidissement des centrales nucléaires représentent environ 0,9 milliard d’euros de dommages annuels pour le secteur.

Sources

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