Le compte personnel de formation (CPF) entre dans une nouvelle phase de restriction budgétaire. Entre le doublement du reste à charge annoncé pour les salariés et la baisse continue du nombre de demandeurs d'emploi entrant en formation, l’accès à la formation professionnelle se resserre nettement à l’approche de 2027.
Un forfait qui double pour les salariés
Le projet de budget du ministère du Travail prévoit de faire passer la participation forfaitaire demandée aux salariés pour mobiliser leur CPF de 150 à 350 euros. Une exception est prévue pour les formations menant vers des métiers en tension, où le reste à charge resterait allégé. Un contrôle préalable des dossiers avant validation est également mis à l’étude, dans un contexte où la mission « Travail, emploi et administration des ministères sociaux » doit absorber 2,5 milliards d’euros d’économies, faisant passer son enveloppe de 21,4 à 18,7 milliards d’euros.
Moins de budget, moins d’entrées en formation
Le mouvement n’est pas nouveau : le budget consacré au CPF par France Compétences a déjà chuté de 1,96 milliard d’euros en 2025 à 1,31 milliard d’euros en 2026, et le financement du permis de conduire via le dispositif est désormais réservé aux demandeurs d'emploi ou aux salariés bénéficiant d’un cofinancement employeur. Conséquence directe : en 2025, 1 010 000 demandeurs d'emploi sont entrés en formation, soit 4,6 % de moins qu’un an plus tôt selon les données de France Travail. Les critères d’éligibilité évoluent également, comme le détaille notre article sur les nouveaux critères de France Travail pour la formation professionnelle. Pour les salariés qui envisagent de mobiliser leurs droits, notre dossier sur le reste à charge et les droits liés au CPF reste une référence utile avant de s’engager.
Un marché du travail sous tension
Cette contraction budgétaire intervient alors que le marché de l'emploi reste fragile : le chômage des 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre 2026, et les tensions de recrutement demeurent fortes dans des secteurs comme le bâtiment, la santé ou le numérique, malgré un léger reflux global des difficultés à embaucher. Notre analyse du marché du recrutement en France détaille ces écarts sectoriels. Dans ce contexte, réduire l’accès à la formation qualifiante risque de peser davantage sur les publics déjà les plus éloignés de l'emploi, alors même que les régions et France Compétences voient certaines de leurs marges de manœuvre budgétaires reprises par l’État, à l’image de ce qui se joue plus largement autour du budget 2027.
Avant de s’engager dans un parcours financé par le CPF, quelques vérifications s’imposent :
- Vérifier si la formation visée entre dans la liste des métiers en tension, qui pourrait alléger le reste à charge
- Anticiper le coût du forfait, appelé à passer de 150 à 350 euros selon le projet de budget
- Se renseigner sur les cofinancements possibles auprès de l'employeur ou de France Travail
- Vérifier la certification Qualiopi de l’organisme choisi avant toute inscription
Questions fréquentes
Le forfait de 350 euros s’applique-t-il à tout le monde ?
Le projet de budget 2027 prévoit une exception pour les formations menant à des métiers en tension, où la participation resterait allégée. Le dispositif définitif dépendra du vote du budget.
Pourquoi le nombre de formations financées par le CPF baisse-t-il ?
La baisse s’explique par la réduction du budget alloué par France Compétences, passé de 1,96 à 1,31 milliard d’euros entre 2025 et 2026, et par un durcissement des règles d’éligibilité, notamment sur le financement du permis de conduire.
Les demandeurs d'emploi sont-ils concernés par ces restrictions ?
Oui : le nombre de demandeurs d'emploi entrés en formation a déjà reculé de 4,6 % en 2025, et les arbitrages budgétaires 2027 visent aussi France Travail et les crédits régionaux dédiés à la formation des publics les plus éloignés de l'emploi.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale