Plus de 21 000 communes françaises, soit 62 % du total, ne disposent plus d’aucun commerce de proximité, contre seulement 25 % en 1980, selon l’Insee. Face à ce constat, une réponse venue du secteur privé prend de l’ampleur sur le terrain : la supérette entièrement automatisée, ouverte 24 heures sur 24 sans caissier ni vendeur. Portée notamment par l’entreprise Api, elle s’installe désormais dans une vingtaine de départements français, au cœur des services locaux qui structurent le quotidien des habitants.
Un magasin sans personnel, ouvert jour et nuit
Le principe est le même partout : un préfabriqué de quelques dizaines de mètres carrés, environ 700 produits du quotidien en libre-service, et aucun employé sur place en permanence. Pour entrer, le client doit d’abord s’inscrire en ligne afin d’obtenir un QR code qui déverrouille la porte. Un gérant passe une fois par jour pour réapprovisionner les rayons, faire le ménage et conseiller les habitués.
- Cible privilégiée : les villages de 750 à 2 000 habitants, sans épicerie et situés à plus de huit minutes d’un supermarché.
- La première supérette Api a ouvert à Claix, en Charente, en 2023.
- L’entreprise revendique aujourd’hui plus de 150 points de vente répartis dans une vingtaine de départements, avec un label B-Corp et une centaine de salariés.
La Sarthe, terrain d’expérimentation
Le département illustre bien la dynamique : la première supérette Api de la Sarthe a ouvert en mars à Gesnes-le-Gandelin, et le département en compte déjà cinq. Ce maillage rapide s’ajoute à d’autres initiatives déjà observées dans les campagnes françaises, comme les librairies rurales qui deviennent le dernier service de proximité du village ou les relais Poste hébergés par de petits commerces.
Une solution privée qui complète l’action publique
Ces supérettes automatisées ne remplacent pas les dispositifs publics de soutien au commerce rural, mais s’y ajoutent. L’État a par ailleurs engagé des aides pour accompagner la réouverture d’épiceries, de cafés et de commerces de proximité dans les communes rurales, alors même que le recul de l’activité des artisans et commerces de proximité continue d’inquiéter les professionnels du secteur. Le modèle automatisé séduit les élus locaux pour une raison simple : les coûts fixes réduits par l’absence de personnel permanent rendent l’implantation viable même dans de très petites communes, avec un choix de produits qui s’apparente à celui d’un petit espace de consommation et shopping du quotidien.
Ce qu’il faut retenir
- Un modèle économique différent : la suppression du personnel permanent permet d’ouvrir un commerce là où un magasin classique ne serait pas rentable.
- Une couverture qui reste partielle : ces supérettes ne proposent ni produits frais fragiles en grande quantité, ni service humain permanent, ce qui limite leur rôle social par rapport à un commerce traditionnel.
- Un phénomène en accélération : le nombre de points de vente a plus que doublé en deux ans, signe que le modèle trouve son public dans les zones les plus isolées.
Questions fréquentes
Comment accède-t-on à une supérette automatisée comme Api ?
Il faut s’inscrire en ligne pour obtenir un QR code, qui sert ensuite à déverrouiller la porte du magasin à chaque visite.
Ces supérettes sont-elles surveillées ou entretenues ?
Un gérant passe quotidiennement pour réapprovisionner les rayons, faire le ménage et répondre aux questions des clients, même si le magasin fonctionne sans personnel permanent.
Quelles communes sont concernées en priorité ?
Le modèle cible surtout les villages de 750 à 2 000 habitants, dépourvus d’épicerie et situés à plus de huit minutes d’un supermarché.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale